Nokat : la vie en couleur

Du 24 novembre au 20 décembre 2015, le théâtre de Cusset accueille une exposition pleine de couleurs. Une œuvre débordante de symboles et d’icônes populaires, permettant à Nokat d’exprimer son ressenti sur notre monde et notre culture. VichyScope est allé à la rencontre de cette artiste enthousiaste, coloriste d’une société en manque de lumière.

12306027_10208408506952997_317199652_nDes inspirations variées, des couleurs étincelantes, des icônes reconnaissables. Un bien court résumé de ce qu’évoque au premier abord les œuvres de cette clermontoise souriante. Les différents tableaux proposent une image, une icône, un symbole reconnaissable de tous et par tous au premier coup d’œil. D’une Wonder Woman colorée à un Napoléon publicisé, en passant par un Goldorak en slip, ces portraits à l’allure à la fois Pop-Art et Street-Art « sont une véritable façon d’écrire » pour Nokat. Cette conteuse-graphiste aime avant tout « s’amuser » et « faire s’amuser » grâce à son travail. « Le détournement de ces icônes, de ces logos reconnaissables, ça m’amuse ! ». Et bien nous aussi !

12305462_10208408506592988_298793152_nUne source d’amusement, mais pas seulement. La déclinaison des genres historiques, publicitaires, vidéo-ludiques, cinématographiques permettent à Nokat d’exprimer un point de vue critique de la société de consommation dans laquelle nous évoluons aujourd’hui, malgré nous. Un ressenti manifeste condamnant entre autres « les soldes, les grandes surfaces qui reflètent un monde dans lequel le profit est une finalité ». Les transpositions d’œuvres d’art classique telles que La Joconde, mixée avec Monsieur Propre ou un Storm Trooper, ou encore le fameux Napoléon monté de Jacques-Louis David dominant publicités et marques reconnues façon Street-Art, traduisent une opinion clairement critique de notre société consommatrice.12308910_10208408506632989_584032845_n(1)

Nokat a, « depuis toujours », ce besoin de s’exprimer par l’art. Bercée dans le monde artistique grâce à un père peintre, cette ancienne graphiste travaillait, il y a un an encore, dans le secteur de la publicité, réalisant quelques œuvres à ses heures perdues. Cette artiste à part entière a décidé de vivre de sa passion. Un choix difficile mais clairement justifié à la vue de cette exposition. Son temps est dorénavant totalement consacré à la réalisation de ses œuvres. En peinture, en résine, en collage ou même assisté par ordinateur, cette touche-à-tout ne peut se prononcer sur le temps de réalisation d’un tableau. « Une semaine, un mois, plus encore, tout dépend de l’inspiration ». Une durée incertaine s’expliquant par le rajout de détails, de couleurs, de sentiments jusqu’à ce que l’œuvre dégage pleinement le message envisagé.

12283140_10208408507113001_1321433245_n

Ces compositions lumineuses et colorées ne laissent pas indifférents. Laissant esquisser quelques sourires, notamment le tableau dévoilant l’origine explicite du Bluetooth, ces créations sont en marge d’une société maussade et assombrie par un pessimisme presque universel. C’est l’enthousiasme qui prime ici. Malgré la critique persistante à travers ces créations, la couleur flamboyante des portraits apporte un engouement certain. L’expression des regards, le travail réalisé sur les yeux, tenant particulièrement à cœur à Nokat, révèle un véritable enthousiasme. La déclinaison du vintage avec ces dessins, modernes pour certains, contemporains pour d’autres, sont également porteur d’optimisme et de jovialité. Des détournements plus que plaisant qui illumineront amateurs du genre et curieux jusqu’au 20 décembre. A admirer sans modération !

12286040_10208408506512986_526803692_nDSC_0438

Vicenzo Caruso, étudiant en journalisme à Vichy