Mister Ouats : des bombes de peintures pour colorer la ville – à Cusset et ailleurs…

Peu de gens connaissent son vrai nom ou disent avoir vu son visage. Pourtant tout le monde le connaît dans la ville. Il faudrait être aveugle pour ne pas avoir croisé les œuvres urbaines de Mister Ouats. Natif du coin, le grapheur est à l’origine de la transformation de certains lieux bien connu des Cussettois.

Mr.Ouats devant les « Perroquets » de Cusset.

Bombe aérosol à la main, pantalon et chaussures tâchés par la peinture, depuis 20 ans, Mister Ouats exprime son talent dans les rues de Cusset. L’artiste a commencé à peindre dans la rue, seul, dès l’âge 13 ans. Il intègre par la suite un réseau de grapheurs, qui réalisent des fresques urbaines dans des terrains vagues, des usines désaffectées, et sur des ponts d’autoroute. Une pratique qui devient addictive, car selon lui le graffiti est « un moyen de s’exprimer dans une société où tu ne trouves pas forcément ta place ». Se voir offrir la possibilité d’apposer sa marque en s’illustrant sur une gigantesque façade satisfait son âme d’artiste au plus haut point.

L’art urbain étant bien souvent une pratique décriée, voire mal interprétée, Mister Ouats est conscient de la limite qu’il peut y avoir entre graffitti et vandalisme. Mais le grapheur a su tirer son épingle du jeu : « À force de faire du graph’, les gens ont commencé à avoir un regard différent. Au lieu de faire de simples tags, on a commencé à balancer de la couleur sur les murs, des personnages, des formes artistiques qui ont fait que les gens ont commencé à s’y intéresser, car ils ne voyaient plus ça comme du vandalisme, mais comme de l’art ».

From Bogotta to Cusset

Il entreprend un voyage en Colombie. Pays où le street art occupe une place centrale dans la culture et l’histoire du pays. Mister Ouats en a profité pour ramener une palette de couleur et un style exotique. En témoignent ces deux drôles d’oiseaux qui nichent sur les murs de l’Avenue du Drapeau à Cusset depuis 2 ans. Un lieu stratégique puisqu’il s’agit d’une rue fortement empruntée par les habitants de la ville. En collaboration avec la mairie, le grapheur a réalisé deux majestueux perroquets aux couleurs tape à l’œil. Le but : « attirer un maximum le regard des passants dans une ville qui manque de chaleur et où les toits sont gris ». Les deux oiseaux sont aussi synonymes de liberté. Une liberté de s’exprimer à travers une pratique à l’origine transgressive.

Dessiner l’avenir

Aujourd’hui Mister Ouats dispose d’un atelier mis à disposition par la mairie, dans la galerie des Arcades à Cusset. Il est en quelque sorte passé des murs à la toile, puisqu’il expose dans sa galerie des œuvres de graffiti sur toile. Mais taguer sur les murs est une philosophie qui l’anime en permanence. Une philosophie qui constitue l’essence même de cet art. Il continu de « graffer » dans des usines désaffectées. « C’est différent de taguer sur une toile, on n’a plus cet espace, cette atmosphère et cette adrénaline que l’on peut avoir en taguant dans des lieux publics ».

Le grapheur travaille toujours en collaboration avec la mairie. En plus d’animer évènements sociaux (notamment chez les plus jeunes pour transmettre les codes de cette pratique), il élabore des maquettes de fresques urbaines pour des particuliers. Mister Ouats a donc réussi son pari. Mettre un peu de couleurs sur les murs de sa ville et prouver que l’art urbain est un formidable moyen d’expression qui peut participer à l’embellissement de l’espace public.