Michel Laval : portrait d’un collectionneur

Les objets traversent le temps et témoignent d’histoires que les mémoires oublient parfois. Michel Laval l’a bien compris. Depuis décembre 1981, il collectionne chez lui, témoignages et souvenirs d’un passé Vichyssois tout en objets. « Je trouve toujours quelque chose qui parle de ma ville », avoue-t-il fièrement, présentant de magnifiques verres de cure aux couleurs de la belle thermale, exposés dans son couloir.

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Cette passion a débuté grâce à la découverte d’un guide de 1905, qui l’a conduit à en acheter un deuxième, puis un autre et un autre… 350 de ces guides ornent désormais sa demeure. Ne parlons pas de caverne car le terme ne lui convient guère. Parlons plutôt de galerie aux milles et unes merveilles vichyssoises. Les records ne lui font pas peur, puisque c’est une boite à confiseries à l’effigie publicitaire de Vichy, qui appartenait à son père, qui lui a véritablement donné l’envie d’en dénicher encore et encore. Il en compte aujourd’hui près de 1500.

2Une maison, un homme, 5000 objets. D’ailleurs, il ne les compte plus depuis longtemps. Sa collection, c’est un « tout ». Michel Laval n’a pas d’objet préféré car chacun d’entre eux amène sa pierre à l’édifice et marque, de son originalité ou de son histoire, le patrimoine d’une Vichy fièrement affichée. Pour trouver toutes ces merveilles — qui prennent de plus en plus de place dans le salon, le couloir, la chambre et le garage — le collectionneur se lance à l’assaut de brocantes, dans lesquelles les objets qui pourraient éventuellement le toucher sont de plus en plus rares. Il se rend également le plus souvent possible chez l‘antiquaire. Vivant avec son tem3ps, Michel Laval sait tirer profit de l’usage d’internet puisqu’il y commande des objets dans le monde entier grâce à différents sites. Le sourire aux lèvres et le visage fier, Michel Laval avoue faire cette collection pour son simple plaisir personnel. Bien sûr, il est flatté de voir un tel intérêt de la part d’autres personnes, à qui il prend un véritable plaisir à ouvrir sa porte et à faire découvrir ce panel des plus impressionnants.

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Ancien salarié de la SNCF, il a appris l’histoire de Vichy à travers ses objets. Il sait aujourd’hui la retransmettre et voit un véritable besoin de le faire ; un véritable intérêt tant il considère participer ainsi à la sauvegarde d’un patrimoine trop souvent préjugé et noirci par un passé néfaste. Mais Vichy ce n’est pas que cela. Une poupée et quelques cartes postales sous le bras, il fait des conférences, des expositions et partage même ses anecdotes sur Facebook. « J’essaie toujours de trouver des trucs inédits ». Ces anecdotes permettent de découvrir ou de redécouvrir Vichy à la Belle Époque (son architecture, son patrimoine, son importance au sein d’une société contemporaine…) et bien-sûr son évolution au fil des âges.

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S’il est ambitieux, Michel Laval avoue qu’il aimerait créer un musée du thermalisme. Le but n’est pas de se renfermer sur le passé mais bien de ne pas oublier l’histoire, et d’ailleurs, il l’affirme : « je ne suis pas passéiste ». Les objets témoignent du temps et permettent la sauvegarde du patrimoine sans aucune fin commerciale. Il nous rappelle « qu’un collectionneur n’est pas un marchand, un collectionneur est un collectionneur. »

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