L’ode à la curiosité de Bernard Werber – entretien exclusif

Invité à l’occasion des Grandes Rencontres qui se sont tenues du 6 au 8 mars à Vichy, l’auteur des Fourmis et de Sa Majesté des Chats nous livre le secret de son inspiration. Entretien.

Pourquoi être venu au Grandes Rencontres de Vichy ? Parce que j’y ai été invité, invité par Philippe Lapousterle qui est un des tout premiers journalistes à avoir parlé de mon travail à l’époque où j’ai démarré ma carrière. J’ai le sens de la reconnaissance et de la fidélité donc quand il m’en a parlé, j’ai accepté. Je suis aussi hors période de promotion, donc c’est l’occasion idéale pour venir parler de mon travail avec mes lecteurs.

Vous avez commencé votre carrière professionnelle en tant que journaliste, comment en êtes vous venus à devenir écrivain ?
Je supportais très très mal la hiérarchie dans les rédactions. Ça m’a un peu rebuté et je me suis dit que le seul moyen de ne pas avoir des comptes à rendre à ses supérieurs, c’était de me retrouver directement en face du lecteur. En tant qu’écrivain, je peux parler de la réalité, surtout grâce à mon éditeur qui ne censure pas mon travail, alors qu’en étant journaliste, on m’obligeait à mentir. À choisir, je préfère raconter la vérité.

Vous venez tout juste d’envoyer votre manuscrit du 3ème opus du cycle sur les chats, est-ce que vous avez déjà une petite idée, une piste pour votre prochain livre?
Oui et j’ai même déjà commencé à écrire dans le train pour venir jusqu’ici ! Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il va être publié. J’ai totale confiance en ma compagne et mon éditeur. S’ils pensent que la trame est mauvaise ou que ça ressemble déjà à un de mes livres alors je l’imprime. J’ai 6 ou 7 livres entièrement écrits, mais qui ne seront sans doute jamais publiés.

Vous avez parlé des chats, des fourmis, de la mort, mais aussi de l’humour, quel est le secret derrière votre inspiration débordante ?
La curiosité. Depuis que je suis petit tout m’intéresse, à part le football et les sports « bruyants ». Je suis particulièrement friand de sciences, de voyages et des gens. Les gens m’intéressent. Quand j’ai un individu en face de moi, je me demande vraiment qui il est, à quoi il pense, quelle est sa vie, quels sont ses blessures, ses secrets…. C’est vraiment la curiosité qui me sert de moteur. Je pense que tant qu’on est curieux, on est vivants. Si on pense tout savoir sur tout alors c’est comme si on était déjà un peu mort.

Quelle est votre ambition derrière l’écriture de vos livres ?
Ouvrir l’esprit de mes lecteurs, mais également ouvrir mon propre esprit. Quand je décide d’écrire un livre sur le sommeil ou les vies antérieures, je me renseigne, j’étudie des documents, je pars à la rencontre d’experts, je voyage, etc. J’utilise le livre pour faire mon dogme. Moi-même, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre et j’espère pouvoir inciter mes lecteurs à suivre ce chemin, à prendre conscience de ce qu’il se passe réellement. Et c’est quelque chose que je fais en étant joyeux, il ne faut pas être comme ces auteurs qui enfoncent leurs lecteurs dans la déprime avec leur pseudo-crise existentielle. Il faut montrer un chemin de lumière.

Théo Lestra