La Cie de théâtre Procédé Zèbre lève sa bannière pour l’émotion, les barrières pour l’ouverture, les armes pour la culture.

Oubliez le théâtre frontal et autres reliques du classique : Procédé Zèbre, sauvage et intrépide, met un coup de sabot dans ce qu’il ne faut pas dire, ne pas faire et ne pas montrer.

Cette compagnie professionnelle* créée sous le totem du zèbre, par Fabrice Dubusset en 1999, s’inscrit dans un « théâtre de recherche » d’où elle tire la première partie de son nom.

Crédit : Jean-Louis Fernandez

Le théâtre de la compagnie est un procédé qui va au-delà d’une simple création théâtrale. Le directeur artistique, Fabrice Dubusset, s’explique en analysant ses créations tel un chef cuisinier : « Pour produire un spectacle, je suis plutôt intuitif : je sélectionne les ingrédients que j’apprécie, pour les assembler selon mes envies. Chacun de mes spectacles est une création née d’une rencontre d’esprits et de talents de différentes professions. » C’est ainsi que le spectacle 13 sur la résistance française s’est mélangé à l’exposition photographique d’Audrey Mallet durant l’évènement Water is Memory. C’est via ce même procédé que la conjugaison des compétences d’une conseillère fluviale et d’un auteur d’histoires pour enfant a fait éclore le conte théâtralisé Va au lit, sous la direction de la compagnie. Procédé Zèbre se définit par cette alchimie entre intervenants professionnels, comédiens et public, qui engendre toutes les émotions d’un spectacle.

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Crédit : Procédé Zèbre

« On ne fait pas de numéro de cirque avec des zèbres » déclare Fabrice Dubusset. Procédé Zèbre ne suit pas le mouvement du théâtre classique dans lequel on voit les ficelles dans le noir et devine le dénouement de l’histoire avant l’entracte. Sous le pelage noir et blanc de son animal emblématique indomptable, la compagnie trouble en s’affranchissant des tabous du conventionnel pour faire naître sur scène l’émotion pure et vivante. Elle veut bousculer, faire réfléchir sur les dangers de la société en s’inscrivant dans un processus de transmission de mémoire. Elle revendique la déclaration de Fribourg sur le droit culturel de Patrice Meyer-Bisch en 2007, en invitant les citoyens à prendre connaissance de leur patrimoine et de leur mémoire commune. « La culture n’est pas là pour faire joli. Elle questionne, elle fait réfléchir, sur nous-même et sur notre place dans la société. » soutient le directeur artistique. Une position engagée qui s’inspire du combat d’Albert Londres.

« C’est un homme qui a un parcours journalistique fort, mais dont le parcours humain l’est encore plus. » affirme Fabrice Dubusset. Autant source de respect que d’inspiration, les reportages engagés du « Père du grand reportage » ont servi de point de départ à nombre de ses pièces : Chez les fous fait référence au reportage d’Albert Londres en 1927 qui dénonce les conditions de vie des personnes internées dans les asiles. Un reportage qui a touché le directeur artistique et duquel est née une curiosité : « Je voulais connaître ce monde, cet inconnu de la psychiatrie où des hommes sont dits « différents » de nous ». En plus de ses groupes amateurs et de sa troupe professionnelle, la compagnie travaille sur un autre procédé : une rencontre avec des acteurs atteints de troubles mentaux. « Ils ont quelque chose en plus. Lorsqu’ils sont sur scène, ils sont là. Leur présence est forte. » rapporte-t-il.

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Crédit : Procédé Zèbre

En mars 2016, Procédé Zèbre abandonne provisoirement son porte-voix ‘‘londronien’’. Fabrice Dubusset fait part à son public d’un spectacle personnel qui prend pour source d’inspiration le film Elephant man de David Lynch. « C’est le premier film où j’ai pleuré » confie le directeur artistique, ému par son esthétisme et sa profondeur. « C’est un film à la fois romantique et cruel comme quelque chose qui fait mal mais qui soulage d’une douleur. Un sentiment que l’on éprouve souvent à 16 ans. » A travers ce projet soutenu par le Centre Dramatique National de Montluçon, Fabrice Dubusset espère toucher le public jeune dont il faisait partie lorsqu’il a découvert ce film pour la première fois.

Fanette Catala pour VichyScope.info

FD PETITE
Fabrice Dubusset pédale toujours fort pour Procédé Zèbre…

*  Une compagnie professionnelle se distingue d’une troupe semi-professionnelle ou d’amateurs par la reconnaissance de son activité professionnelle qu’atteste une licence d’entrepreneur de spectacles. Cette licence, délivrée au responsable de la troupe, attribue le droit d’organiser plus de cinq événements par an.